12 janvier 2019 : affrontements violents entre manifestants et forces de l'ordre place de l’étoile durant l’acte 9 (XVIème)

17 novembre 2018. Direction les Champs-Elysées dans le très chic VIIIème arrondissement pour une première phase d'observation d'un mouvement encore nouveau et inconnu. Le gilet jaune comme uniforme et la baisse de la taxe carbone comme marmotte. Une première mobilisation plutôt bon enfant malgré l'intention ferme de se diriger vers l'Elysée "pour aller taper la bise à Macron". Quelques gazs lacrymogènes suffiront cependant à repousser les manifestants place de la Concorde. Déjà peu nombreux dans l'après-midi, en fin de journée, ces derniers s'en vont au compte gouttes reprendre leur train ou leur voiture. La plupart viennent de banlieue parisienne et majoritairement de province.

17 novembre 2018 : première journée de mobilisation à Paris, rue Saint-Honoré (VIIIème)

Une mobilisation encore timide devenue en quelques semaines un mouvement populaire sans précèdent. Une mobilisation nouvelle, d'abord par ceux qui la forme : les parisiens voient défiler la France des régions, les périurbains, les retraités, la classe moyenne ou les plus pauvres. La manifestation n'étant pas officielle, aucun syndicat n'est représenté (la CGT rejoindra des semaines plus tard le mouvement). Le choix des lieux de manifestations est lui aussi symbolique. On bat le pavé, non plus sur les places qui ont vu défiler les plus grands mouvements sociaux (République, Nation, Bastille), mais sur les Champs, dangereusement proche du fief présidentiel.

8 décembre 2018 : des affrontements violents place de la République à Paris (Xème)

La répression s'intensifie, les samedis deviennent noirs ; la hantise des politiciens et des commerçants. Casse, scènes de pillages, dégradations de bâtiments publiques sont les stigmates d'une mobilisation bancale. Mais la répression policière est elle aussi bien réelle : on dénombre notamment plusieurs blessés par des tirs de lanceurs de balle de défense, dont des journalistes et photographes. Mais on se souviendra aussi de la violence des interpellations, des agressions envers les journalistes, de la violence des attaques envers les symboles. Ce sont autant d'images qui marquent le mouvement.

 

Née de la contestation de la taxe carbone, la colère des gilets jaunes dévoile, en réalité, une fracture sociale profonde qui semble pouvoir diviser radicalement la France. Même si, à en croire les sondages, le mouvement demeure populaire.

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BENJAMIN SALUPPO SOCIÉTÉ PORTRAITS ABOUT